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RÉSERVES

Le projet

Réserves – Terres isolées, Terres protégées,

c’est le titre d’un projet photographique au long cours  commencé il y a maintenant 4 ans dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises, poursuivi dans les réserves naturelles de la métropole et ayant donné lieu à de nombreuses expositions ainsi qu’à la publication de plusieurs livres.

 

« Comme j’ai toujours su que je ne savais pas ce que je cherchais, que la quête l’emportait sur la prise, qu’elle me tenait en marche, et que je n’avais de cesse de mettre un pied devant l’autre. »

Sarah Moon.

 

Que dire de ce projet si ce n’est qu’il est né d’une conjonction entre ma curiosité insatiable pour l’humain et ma fascination pour la nature. Né du désir de rassembler et de prolonger ce travail photographique sur les espaces isolés de France, et d’en saisir, d’en tirer le fil de l’humain si souvent gommé de l’iconographie de ces territoires.

J’aime la nature. Mais, étrangement, dans la nature, c’est l’humanité qui m’intéresse. C’est l’angle que j’avais choisi en travaillant sur les espaces protégés pour l’association Réserves Naturelles de France (RNF) : le lien, l’intimité qui existe entre cette nature et les hommes qui la gèrent.

J’ai marché durant des semaines dans ces espaces sauvages, inaccessibles… Marché jusqu’à en oublier parfois la raison même de ma présence… confronté à un autre rythme, une autre respiration. Et j’ai peu à peu pris conscience de cette effroyable coupure, celle que l’humain s’est lui-même imposée, la coupure d’avec son origine.

Dans ces lieux, c’est l’humain que je cherche, sa trace, son absence, jusqu’à sa disparition. Et quand il dresse des barrières devant ces espaces pour les protéger, ou tenter de leur rendre leur état originel, c’est encore l’humain que je guette en posant mon regard sur cette barrière.

Dans ce projet, Réserves, c’est l’humain encore qui guide mon regard sur celui que les hommes portent sur ces territoires, les traces qu’ils y laissent, leur obsession parfois à les faire disparaître, à chaque pas, comme des restaurateurs le feraient avec un tableau.

Pourquoi repartir vers ces terres isolées et protégées ? Sans doute le souffle de l’aventure, le désir de retrouver cette nature à qui les hommes voudraient peut-être rendre sa virginité. Mais c’est surtout partir encore une fois à la recherche de cette part préservée, réservée, intime, de nous-mêmes.

 

 

Portfolios